Quelle est la tension la plus basse ?

En 1970, pour mesurer la pression artérielle, il a été dit que la norme supérieure était de 100 plus l’âge du patient. Il est maintenant connu que comme une tension de cet ordre de grandeur âges est très dangereux. La science a fait des progrès, mais le niveau idéal, les meilleurs traitements et même la façon de mesurer la tension font encore l’objet de débats. Ce qui ne fait aucun doute, c’est que l’hypertension peut causer une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral , des troubles de la vision et même une démence. « L’abaissement de la pression artérielle par un  traitement antihypertenseur réduirait de 50% le risque de démence », explique le Dr Bernard Vaïsse , cardiologue à l’Hôpital de la Timone de Marseille et président du Comité français pour la lutte contre l’hypertension artérielle (CFLHTA). Voici 15 informations sur ce mal qui touche 14 millions de Français et deux millions de Belges.

1. La tension artérielle augmente avec l’âge

À 76 ans, la Dre Suzanne Oparil, professeure à l’Université de l’Alabama à Birmingham (États-Unis), dont les recherches ont joué un rôle déterminant dans la définition des critères de l’hypertension, a toujours une tension chez une jeune fille. « Je le dois surtout à l’aléatoire génétique », dit-elle. Comme elle, certains sont épargnés leur vie, mais pour la plupart d’entre nous, la tension systolique — la plus haute des deux mesures prises — augmente à partir de la quarantaine, en raison notamment du durcissement progressif des parois artérielles. Le seuil pour l’hypertension aujourd’hui est de 140/90.

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2. L’hypertension est souvent asymptomatique

Même une très haute tension n’est parfois détectable que sur le tensiomètre, et cette mesure n’est pas évidente. Selon le Dr Oparil, la tension artérielle peut varier de 30 à 40 points en une journée. Habituellement, il tombe la nuit et remonte le matin. Chez un quart des patients, elle grimpe quand un médecin le mesure (ce qu’on appelle « l’effet manteau blanc »). Il est préférable d’effectuer un test de 24 heures avec trois ou quatre prises de pression artérielle par heure dans la journée et toutes les demi-heures la nuit (mesure de la pression artérielle ambulatoire ou « MAPA »). En France, 44% des patients hypertendus ont un dispositif auto-mesure.

3. Après 50 ans, prenez soin du chiffre supérieur

Le chiffre le plus élevé, la tension systolique, se réfère à la pression artérielle pendant la contraction cardiaque, qui envoie du sang du cœur vers le reste du corps. La tension systolique est le pic de pression de vos artères et organes expérience au cours de chaque battement de cœur. La plus basse, appelée tension diastolique, correspond à la pression entre deux battements, lorsque le cœur est au repos. Avant 55 ans, les médecins regardent principalement la pression diastolique. Après cet âge, « la pression systolique devient le principal paramètre péjoratif », explique le professeur Jean-Jacques Mourad, chef de l’unité de médecine interne de l’HTA à l’Hôpital Avicenne de Bobigny. Elle doit donc être surveillée de près.

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4. Nous ne sommes pas d’accord sur la tension idéale

Les spécialistes débattent encore de la tension idéale pour les personnes de plus de 50 ans. Jusqu’à récemment, les preuves les plus probantes suggèrent de ne pas dépasser 140 mmHg tension artérielle systolique et 150 après 60 ans. En septembre 2015, cependant, les résultats de l’essai clinique d’intervention sur la pression artérielle systolique (SPRINT) ont changé le jeu. Cette étude en double aveugle a porté sur plus de 9 300 sujets prédisposés ou déjà victimes d’une crise cardiaque, dont près de 30 % étaient des personnes âgées de 75 ans et plus. Ils ont été divisés en deux groupes : certains ont dû essayer de réduire leur tension artérielle systolique à moins de 120 ; les autres, à moins de 140. Au cours des trois années de l’essai, la probabilité d’une crise cardiaque ou d’un AVC était inférieure de 25% dans le premier groupe.

5. Tout le monde à sa tension parfaite

Les lignes directrices officielles ne sont que des indicateurs : « Chaque patient est un cas particulier », dit le Dr Townsend, l’un des principaux spécialistes américains de l’hypertension. Pour les personnes ayant peu d’exposition aux troubles cardiaques, une tension systolique plus élevée est acceptable. Il en va de même pour les patients polymédicamenteux : « Quand un patient de 69 ans prend déjà quatre médicaments pour abaisser sa pression artérielle à 135, vous réfléchissez attentivement avant de prescrire un cinquième », note le médecin.

6. Un mode de vie plus sain est aussi efficace que les médicaments

Il suffit souvent de manger moins de sel et beaucoup de fruits et légumes pour réduire votre tension d’environ cinq points. Perdre du poids peut également être une bonne résolution. Selon plusieurs études, pour perdre du poids de cinq kilos Lorsque le surpoids peut diminuer la tension systolique de quatre points. En 2016, une analyse suédoise a révélé que l’activité physique l’a abaissé de 11 points en moyenne chez les sujets hypertendus.

7. Le café soulève la tension, alors quoi ?

Les chercheurs savent depuis longtemps qu’une tasse de café fort augmente la pression artérielle. Une dose de 200 à 300 mg de caféine (entre 375 ml et 750 ml de café) augmente la tension systolique en moyenne de huit points. Le pic dure environ trois heures et ne semble pas avoir un effet durable.

8. Certains médicaments sans ordonnance peuvent augmenter la pression du sang

Plusieurs produits froids contiennent de la pseudoéphédrine, une molécule qui augmente la pression artérielle en contractant les vaisseaux. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) en particulier ceux à base d’ibuprofène tels que Advil ou Nurofen peuvent ajouter trois à six points. Certains médicaments contiennent à la fois de l’ibuprofène et de la pseudoéphédrine. Lisez les étiquettes ou visitez le site de Vidal, qui répertorie tous les médicaments en vente en France (www.vidal.fr/medicament).

9. Sel et HTA ne nettoient pas toujours

Les aliments salés ont tendance à augmenter la pression artérielle, mais les lignes directrices sont controversées, car cette réaction au sel n’est pas universelle. Cependant, les aînés ont tendance à saler davantage parce que leur sens du goût devient émousséquent. Les aliments transformés contiennent également plus de sel ; encore une fois, les étiquettes vous informent. Enfin, lorsque vous salez, rappelez-vous qu’un quart d’une cuillère à café contient 575 mg de sodium. Chef de la prévention cardiovasculaire au CHU de La Pitié-Salpêtrière à Paris, le professeur Xavier Girerd rappelle que 19% des patients hypertendus sont des consommateurs excessifs de sel. Un régime hyposodique leur est conseillé. Néanmoins, une étude récente a révélé que l’apport optimal en sel est compris entre 8 et 10 g par jour plutôt que entre 3 g et 5 g comme recommandé par l’OMS. « Le manque de sel peut aussi être un danger pour la santé ! avertit le spécialiste.

10. Les médicaments récents ne sont pas nécessairement meilleurs

Les médecins commencent généralement par prescrire des diurétiques, qui provoquent l’excrétion du sodium et de l’eau, parmi les plus anciens remèdes connus pour l’hypertension. De nouvelles molécules appelées inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (CEI) empêchent le corps de sécréter une hormone qui augmente la pression artérielle. Les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine 2 (ARAII) bloquent son action. La recherche a montré que ces nouveaux médicaments peuvent ne pas être plus efficaces que les diurétiques, mais ils ont souvent moins de effets.

11. Musclet mérite un essai

Un rapport publié en 2013 par le Journal of Hypertension sur les méthodes non médicamenteuses d’abaissement de la pression artérielle a confirmé que la prise en main (ou poignée) peut la réduire d’environ 10%. Les bons à bas prix peuvent être trouvés dans les magasins de sport. Serrez bien, maintenez la position pendant deux minutes et répétez de 12 à 15 minutes trois fois par semaine.

12. Le plus souvent, un seul médicament ne suffit pas

Si vous souffrez d’hypertension modérée, vous pouvez être en mesure de résoudre le problème avec un médicament, mais de nombreux patients finissent par prendre plusieurs médicaments. Chacun réduit le niveau de seulement quelques points. L’augmentation des doses a, en général, de moins en moins d’effet. Les médecins combinent donc des médicaments de différentes catégories pour un meilleur résultat en fonction des réactions du patient.

13. La tension artérielle peut également être trop basse

Le plus grand danger est l’hypotension orthostatique — qui se produit lorsque vous vous levez et que la tension artérielle n’est pas assez forte pour envoyer du sang vers le cerveau. Le professeur Philippe Cordier, de l’Université Catholique de Louvain, a établi un lien entre l’apparition de vertiges à la hausse, le risque de tomber dans les 12 mois et l’hypotension orthostatique. Si vous prenez un médicament hypotenseur et avez des étourdissements, parlez-en à votre médecin. Changer les dosages peut résoudre le problème.

14. Votre tension artérielle diminue lorsque vous respirez profondément

Il suffit de respirer plus lentement pour réduire la pression artérielle systolique d’environ trois points, au moins temporairement. Parmi ses « 10 règles d’or », la Fédération française de cardiologie (FFC) conseille la cohérence cardiaque 3-6-5 : « Trois fois par jour, respirez à raison de six voies respiratoires cycles par minute pendant cinq minutes, leurs spécialistes détail. Sur l’inspiration, la fréquence cardiaque et la pression artérielle augmentent, et à l’expiration c’est l’inverse qui se produit. Cinq minutes, c’est le temps qu’il faut pour obtenir un effet physiologique efficace sur les hormones du stress, y compris le cortisol. »

15. L’essentiel est de persévérer

Les médicaments et un mode de vie plus sain abaissent généralement la pression artérielle en dessous du seuil critique. Une fois l’objectif atteint, il est nécessaire de poursuivre le traitement et de maintenir ses bonnes habitudes, sinon il reviendra.

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Santé