L’immobilité prolongée en avion augmente le risque de rétention d’eau dans les membres inférieurs, même chez les personnes en bonne santé. Les recommandations des compagnies aériennes ne suffisent pas toujours à éviter l’apparition d’un œdème, en particulier lors des vols long-courriers.
Des solutions existent pour limiter efficacement ce désagrément. Certaines pratiques simples, souvent négligées, réduisent le risque de gonflement et favorisent une meilleure circulation sanguine. Adopter ces mesures contribue à préserver le confort et la santé des jambes durant les déplacements aériens.
A lire aussi : Avocats spécialisés : votre allié contre les erreurs médicales
Pourquoi les jambes gonflent-elles en avion ? Comprendre les causes du phénomène
Après plusieurs heures passées dans un avion, la sensation de jambes lourdes ou le gonflement des membres inférieurs n’a rien d’exceptionnel. Ce phénomène, parfois bénin, parfois annonciateur d’une thrombose du voyageur, trouve ses racines dans le fonctionnement du corps en situation d’immobilité. Lorsque l’on reste assis sans bouger, le retour veineux ralentit nettement. Le sang a tendance à stagner au niveau des jambes, ce qui favorise la rétention d’eau dans les tissus et, par ricochet, l’apparition d’un œdème. Entre l’espace limité du siège, le manque de mouvement et la pression atmosphérique réduite, tout semble concourir à fragiliser la circulation sanguine.
Dans une cabine pressurisée, la pression de l’air équivaut à celle d’une altitude d’environ 2000 mètres. Cet environnement particulier modifie la répartition des fluides dans l’organisme. Les veines, moins stimulées par l’activité musculaire, éprouvent des difficultés à ramener le sang vers le cœur. Résultat immédiat : le liquide s’accumule peu à peu dans les jambes, ce qui provoque la sensation de lourdeur et le gonflement. Ce phénomène touche aussi bien les personnes confrontées à une insuffisance veineuse que celles qui prennent l’avion plus occasionnellement.
A voir aussi : Pharmacie de garde : voici un guide pour la trouver
Certains éléments aggravent encore la situation. L’absence de mouvement, la déshydratation, la consommation d’alcool ou de boissons caféinées jouent sur la perméabilité des vaisseaux et accentuent la rétention d’eau. Quand les muscles restent inactifs, la pompe veineuse tourne au ralenti, ce qui freine le drainage naturel des membres inférieurs. Prendre l’avion n’est donc jamais un simple déplacement pour la santé veineuse : il impose de rester vigilant, surtout quand le trajet s’étire sur plusieurs heures.
Pour mieux cerner les origines du problème, voici ce qui entre en jeu lors d’un vol :
- Ralentissement du retour veineux : provoque une accumulation de sang et d’eau dans les jambes.
- Pression atmosphérique basse : modifie la gestion des fluides corporels.
- Déshydratation et immobilité : augmentent la probabilité de ressentir des jambes lourdes et de voir apparaître un œdème.
Quels voyageurs sont les plus concernés par le risque d’œdème ?
Certains voyageurs sont plus exposés que d’autres au risque d’œdème pendant un voyage en avion. Il ne s’agit pas uniquement de l’âge. Les femmes enceintes, par exemple, voient leur circulation veineuse mise à rude épreuve. Durant la grossesse, la rétention d’eau s’intensifie et la pression exercée sur les membres inférieurs rend le gonflement bien plus fréquent.
Un passé de phlébite, d’embolie pulmonaire ou des troubles de la coagulation placent également certains passagers en situation délicate. Ceux qui souffrent de lipœdème, d’insuffisance veineuse ou qui suivent un traitement hormonal doivent également être particulièrement attentifs. Dans ces cas-là, demander l’avis d’un médecin avant le départ est vivement recommandé.
Le risque ne s’arrête pas là. D’autres facteurs, comme une immobilisation prolongée, le surpoids, le tabac ou des antécédents familiaux, se conjuguent pour augmenter le risque de thrombose du voyageur. Lorsqu’on cumule plusieurs de ces éléments, la probabilité d’œdème et de complications grimpe en flèche.
Pour mieux visualiser les profils concernés, voici les situations à surveiller :
- Grossesse : davantage exposée à la rétention d’eau et au gonflement.
- Troubles de la coagulation et antécédents veineux : nécessitent une attention accrue.
- Sédentarité et vols longs : mettent la circulation à l’épreuve.
Des gestes simples pour garder des jambes légères pendant le vol
Le temps passé assis, le manque de mouvement, l’air sec : tout s’additionne pour ralentir la circulation sanguine à bord. Pourtant, quelques habitudes suffisent à limiter la stase veineuse et à éviter le sentiment de jambes lourdes. Dès l’installation, il vaut mieux privilégier des vêtements amples et confortables. Les tenues serrées gênent le retour veineux et accentuent le gonflement.
L’hydratation joue aussi un rôle clé. Boire de l’eau régulièrement aide la circulation et compense la déshydratation causée par l’air conditionné. À l’inverse, l’alcool et les boissons caféinées aggravent la perte d’eau et amplifient la sensation de lourdeur.
L’immobilité reste l’ennemi numéro un. Même assis, il est possible de réaliser des exercices de jambes : flexions, extensions de chevilles, rotations des pieds, contractions alternées des mollets. Toutes les demi-heures, il est conseillé de mobiliser ses jambes. Si l’espace le permet, marcher quelques pas dans l’allée réactive la circulation et réduit le risque de thrombose du voyageur.
Petite astuce supplémentaire : éviter de croiser les chevilles. Ce réflexe pourtant courant gêne la circulation veineuse. Et pour ceux qui ressentent déjà les effets du gonflement, surélever les pieds à l’aide d’un petit bagage peut vraiment soulager.
Voici les gestes à garder en tête pour préserver ses jambes :
- Boire régulièrement : garder une bouteille d’eau à portée de main.
- Faire bouger les jambes : solliciter chevilles et mollets à intervalles réguliers.
- Choisir des vêtements qui laissent circuler le sang librement.
Zoom sur les solutions complémentaires : bas de compression, hydratation et astuces naturelles
Le port de bas de contention figure parmi les moyens les plus fiables pour stimuler la circulation veineuse durant un vol. Grâce à leur effet de compression veineuse progressive, ils facilitent le retour du sang vers le cœur et limitent la rétention d’eau dans les membres inférieurs. Les modèles conçus pour le voyage existent en chaussettes, bas ou collants : choisir la classe de compression adaptée demande parfois un avis médical, en particulier pour les personnes exposées à la thrombose du voyageur.
L’hydratation régulière poursuit le même but : elle maintient le sang fluide, réduit sa viscosité et atténue la sensation de jambes lourdes. Alterner entre eau plate et eaux riches en magnésium peut être bénéfique. Il vaut mieux écarter sodas et alcools, qui favorisent la rétention hydrique et aggravent l’œdème.
D’autres solutions, plus naturelles, peuvent compléter ces mesures. Certaines plantes reconnues pour leur effet veinotonique comme la vigne rouge, le marron d’Inde ou l’hamamélis se consomment en tisanes ou en compléments, après conseil médical. Enfin, ne pas négliger l’importance du mouvement : stimuler les chevilles, étirer les orteils, masser les jambes en remontant vers le cœur. Ces gestes, associés à la compression et à une bonne hydratation, limitent le gonflement et permettent d’arriver à destination avec des jambes prêtes à repartir.
Voyager l’esprit léger, c’est aussi penser à ses jambes. Quelques habitudes, un peu d’anticipation, et la fatigue du vol ne pèsera plus sur vos mollets à l’atterrissage.