On ne naît pas mytiliculteur, on le devient. L’élevage de moules, longtemps resté discret dans le paysage professionnel, prend aujourd’hui une place inédite dans les régions côtières françaises. Cette croissance s’explique par l’appétit grandissant des consommateurs pour une alimentation marine locale et respectueuse de la planète. Investissements, innovations, diversification des activités : la mytiliculture bouscule les habitudes et crée des emplois là où on ne les attendait plus.
Les métiers et missions dans la mytiliculture
La filière mytilicole rassemble des métiers variés, complémentaires, qui assurent la vitalité de la production et la pérennité des exploitations. Au cœur du dispositif, le mytiliculteur pilote l’élevage et la récolte des moules. Son terrain de jeu ? L’air marin, de la Bretagne à la Charente-Maritime, en passant par la Normandie et la Côte d’Opale.
Les principales missions des mytiliculteurs
Le métier demande une implication sur plusieurs aspects : production, entretien, contrôle du milieu naturel et manipulation d’un matériel parfois imposant. Voici à quoi ressemble le quotidien sur le terrain :
- Assurer la production et la récolte des moules
- Veiller au bon état des installations et des outils
- Contrôler les paramètres environnementaux pour préserver la qualité du produit
- Travailler avec des équipements spécifiques : bottes, combinaison, waders
La réalité du métier demande plus qu’une bonne condition physique. Il faut aussi une réelle sensibilité à la préservation des milieux marins : travailler avec la mer, c’est s’adapter à elle, la respecter, et veiller à ne pas perturber les écosystèmes.
Diversité des métiers
Le secteur ne se limite pas au seul élevage de moules. On y croise aussi ostréiculteurs, spécialisés dans les huîtres, et conchyliculteurs, qui couvrent l’ensemble des coquillages. Derrière chaque dénomination, des compétences précises et des parcours différents, du technicien de maintenance à l’ingénieur en biotechnologie. Cette diversité de profils nourrit le dynamisme économique des zones littorales et attire aussi bien les jeunes diplômés que ceux qui cherchent à se réorienter professionnellement.
Les compétences et formations nécessaires
Travailler en mytiliculture ne s’improvise pas. Les exploitations recherchent des personnes dotées de savoir-faire techniques, d’un solide sens pratique et prêtes à se former pour affronter les défis d’une activité traditionnelle en pleine mutation.
Compétences requises
La mytiliculture exige de l’endurance : les longues journées dehors, parfois dans des conditions difficiles, font partie du quotidien. Manipulation de charges lourdes, surveillance régulière du milieu, adaptation rapide aux imprévus climatiques : il faut une bonne forme physique et l’envie de s’investir dans une démarche respectueuse de l’environnement marin.
Formations disponibles
Pour celles et ceux qui souhaitent s’engager dans cette voie, plusieurs cursus sont possibles. Voici les principaux diplômes rencontrés dans le secteur :
- CAP maritime Conchyliculture : Première étape pour maîtriser les gestes techniques de base.
- Bac Pro Cultures marines : Pour approfondir les méthodes de culture et la gestion des exploitations.
- BTSA Aquaculture : Un diplôme supérieur, axé sur la gestion et la production aquacole avancée.
- DEUST TLM (Technologies des Mesures et de la Logistique) : Spécialisé dans les aspects technologiques et logistiques des cultures marines.
- Licence MPGE (Métiers de la Protection et de la Gestion de l’Environnement) : Pour viser ensuite des responsabilités dans la gestion environnementale.
- Licence Productions animales : Pour ceux qui souhaitent élargir leurs compétences sur l’ensemble des élevages aquatiques.
Ces formations, proposées dans des établissements spécialisés, ouvrent la voie à des carrières variées et permettent de répondre efficacement aux exigences du terrain, tout en intégrant les avancées technologiques du secteur.
Les perspectives d’emploi et d’évolution
Le secteur mytilicole offre de réelles possibilités d’embauche, adaptées à des profils et à des ambitions différentes. Que l’on débute ou que l’on souhaite monter en responsabilité, chacun peut trouver sa place.
Les débouchés professionnels
Les postes accessibles s’adaptent à tous les niveaux d’expérience. Voici les principaux parcours proposés :
- Salarié dans une entreprise de mytiliculture : Généralement en début de carrière, avec une rémunération proche du SMIC, soit autour de 1500 € brut mensuels.
- Mytiliculteur à son compte : En développant sa propre structure, il est possible d’atteindre entre 3000 € et 4000 € par mois selon la taille de l’exploitation et la saison.
Évolution de carrière
La progression est rapide pour qui s’en donne les moyens. En acquérant de l’expérience et en se formant à la gestion, un mytiliculteur peut accéder à des fonctions de chef d’exploitation ou de responsable de production. Les rémunérations suivent, pouvant atteindre 2000 € brut mensuels pour les salariés confirmés, et bien plus pour les entrepreneurs chevronnés.
Rôle des organisations professionnelles
Le Comité National de la Conchyliculture se distingue par sa capacité à accompagner, défendre et conseiller les professionnels du secteur. Ressources, informations, appui au développement : sa mission s’avère précieuse pour chaque étape du parcours, de l’installation à la gestion quotidienne. À l’image d’Anthony Juin, qui incarne cette génération de passionnés, la mytiliculture attire aujourd’hui des profils déterminés à faire bouger les lignes et à inventer une nouvelle manière de travailler avec la mer.
La mytiliculture, bien plus qu’un métier de la mer, dessine des horizons insoupçonnés pour les territoires côtiers. Pour celles et ceux qui veulent allier engagement concret, savoir-faire et avenir durable, le secteur offre un terrain d’expérimentation et de réussite où chaque marée peut changer la donne.


