Alimenter sa carte my French Bank facilement et en toute sécurité

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les commentaires sur My French Bank sont très contrastés. D’une part, les utilisateurs sont satisfaits, de l’autre avec des déceptions. Pour notre part, l’expérience est plutôt satisfaisante. Nous vous proposons de revenir à nos impressions.

Ouverture du compte bancaire My French Bank

La souscription à My French Bank se fait simplement : au guichet de La Poste ou depuis chez soi. Nous avons choisi l’inscription à distance, qui nécessite un premier versement d’au moins 50 €, possible par carte bancaire ou par virement. Nous avons tenté d’utiliser une carte virtuelle pour ce paiement, sans succès : refus catégorique de la part de My French Bank. Les cartes étrangères ou issues de fintechs subissent le même sort. Finalement, c’est avec une carte physique classique que le processus a pu aller à son terme. Difficile de saisir cette méfiance envers les moyens de paiement virtuels (Virtualis, eCB, P@yweb), alors qu’ils offrent une sécurité supplémentaire aux clients sur Internet.

Le parcours d’inscription se déroule sans accroc si l’on suit scrupuleusement chaque étape, jusqu’à l’association du mobile. Cependant, ceux qui optent pour le virement lors du premier dépôt partagent souvent leur frustration : absence de suivi, peu d’informations pour contrôler l’avancement du dossier. Dans l’univers des néobanques, où le suivi en ligne est la norme, ce manque se fait sentir. Même après un paiement par carte, l’activation du compte n’est pas instantanée. Il faut patienter entre 24 et 48 heures ouvrées avant de recevoir le mail confirmant l’envoi de la carte. Pendant cette période, l’argent versé reste bloqué, sans possibilité de l’utiliser. Pour nous, le mail est arrivé dans la journée. Mais il arrive que certains voient leur demande rejetée, alors même que le dépôt initial a été accepté. Dans d’autres banques en ligne comme Fortuneo ou Monabanq, l’accord est donné avant que le versement ne soit débité. Ici, le client peut se retrouver avec un refus… et un remboursement qui traîne. L’agacement est compréhensible.

Pour le reste, l’expérience s’est révélée plutôt fluide, même si le parcours reste plus contraignant que chez N26 ou Revolut, car My French Bank propose un véritable compte bancaire, pas seulement un compte de paiement. Trois jours après la confirmation, la carte bancaire arrive, et son activation clôture définitivement les démarches d’ouverture.

Acceptation des clients

Sur l’accueil des personnes fichées FICP/FAC, My French Bank entretient un certain flou. Officiellement, la porte n’est pas fermée ; dans la pratique, les témoignages laissent penser le contraire. Impossible donc de garantir l’issue d’une demande en cas de dossier délicat, là où N26, Max, Revolut, Nickel ou Moneway ne font pas de difficultés.

L’esthétique de la carte bancaire Visa

La qualité de la carte bancaire se situe dans la fourchette basse : on retrouve le même plastique que chez Orange Bank, loin derrière ce que proposent Max, Moneway, Nickel ou bunq. La carte n’est pas en relief ; ce n’est pas un défaut, la plupart des nouvelles cartes adoptant ce format. Le souci vient de la gravure : sur un plastique léger, les chiffres se marquent trop fortement au dos. Un support plus épais aurait protégé les données et prolongé la durée de vie de la carte au quotidien. Côté design, rien de révolutionnaire, et le logo La Banque Postale s’impose pour rappeler la filiation de My French Bank.

La configuration technique de la carte

Sur le plan technique, la carte accepte théoriquement le paiement hors ligne, mais avec des paramètres bloqués à zéro : inutile d’espérer payer à un automate en station-service ou de passer un péage sans connexion. Ce choix semble indiquer des évolutions à venir, mais aujourd’hui, le hors-ligne reste inaccessible. En France, la carte fonctionne sur les deux réseaux : CB et VISA (application CB standard, pas celle des cartes à usage restreint). Résultat : il faut s’attendre à des refus sur certains automates, au parking, aux péages, dans certains transports ou en cas de souci de connexion sur un terminal.

Les réglages carte dans l’application

Depuis l’application, plusieurs fonctionnalités sont accessibles pour piloter sa carte :

  • Blocage et déblocage de la carte
  • Activation ou désactivation des paiements à distance et à l’international

En revanche, impossible de gérer le sans contact ou les retraits : ces options sont imposées. Les plafonds sont fixés à 3 000 € sur 30 jours pour les paiements, 1 000 € sur 7 jours pour les retraits. Pas de révolution ici, ni d’option avancée. Impossible aussi de choisir son code PIN à la commande ou après, seule l’affichage du code est disponible, de façon moins ergonomique que chez Revolut. Globalement, le service fait le minimum, et certaines options comme la désactivation des retraits sont absentes.

L’application My French Bank

Le choix technique surprend : l’application n’est qu’une interface web encapsulée, comme chez Max ou Orange Bank. Résultat : pas d’application native, donc une expérience moins fluide et une intégration limitée avec le smartphone. Premier inconvénient : sans connexion, impossible de s’authentifier, même pour consulter son solde. L’ergonomie laisse à désirer : cliquer sur le solde n’affiche pas la liste des transactions, mais les détails du compte. La distinction entre opérations terminées et en attente n’est pas claire. Pour s’y retrouver, il faut savoir que l’absence de la mention « Date d’exécution » signifie que la transaction attend encore la confirmation du commerçant. L’interface, un peu fouillis, manque de clarté et d’intuitivité par rapport à des références comme Revolut ou N26. Plusieurs chemins mènent au même endroit. Espérons que cette version initiale évoluera, avec pourquoi pas une vraie application native à la clé.

Traitement des paiements

Point fort : la gestion des paiements, notamment les pré-autorisations (stations-service automatiques par exemple), est maîtrisée. Chez la plupart des fintechs, un passage à la pompe bloque une empreinte de 100 à 150 € sur le compte pendant un ou deux jours. My French Bank, elle, actualise le solde dès la fin du plein, ne laissant apparaître que le montant réellement débité. À condition d’avoir sur le compte la somme correspondant à l’empreinte, sinon le paiement sera refusé, ce qui reste la règle avec ce type de carte. Un fonctionnement bien pensé, qui témoigne du savoir-faire hérité des banques traditionnelles pour le traitement des cartes bancaires.

Services annexes autour du compte

Le rechargement du compte par carte bancaire est possible, limité à un versement par jour et 500 € maximum. Les mêmes restrictions qu’à l’ouverture s’appliquent : pas de carte virtuelle ou étrangère. L’aspect technique de l’application web complique parfois la procédure. Lors d’un test, nous avons tenté de recharger 500 € avec une carte BNP. Passage par le 3DSecure, qui oblige à ouvrir l’application BNP ; au retour sur celle de My French Bank, la session a expiré, et l’opération a échoué. Ce type de problème est lié à la nature même de l’application intégrée, probablement testée avec des validations par SMS plutôt qu’avec des authentifications fortes, pourtant devenues la norme. Autre point à noter : aucun découvert n’est proposé, ni émission ou encaissement de chèques.

Le crédit renouvelable

My French Bank propose un crédit renouvelable, avec un taux révisable à 17 %. Ce taux, dans la moyenne haute, tutoie le taux d’usure : certains établissements affichent jusqu’à 21 %. Pour l’obtenir, il a suffi de fournir un justificatif de revenus, la demande étant traitée rapidement ; le montant accordé semble tourner autour de 1 000 €, variable selon les situations.

Ma Tirelire

Cette fonctionnalité permet d’épargner automatiquement après chaque paiement. Trois modes sont proposés :

  • Définir un pourcentage du paiement (de 1 % à 20 %)
  • Fixer un montant à chaque opération (de 0,50 € à 5 €)
  • Arrondir à la tranche supérieure pour les paiements de plus de 15 € (par exemple, pour un achat de 26 €, 4 € alimentent la tirelire)

Prévision des opérations et paiements en devises

Un outil de prévision des opérations à venir et un module de gestion budgétaire sont intégrés. Le détail des transactions est précis : nom du commerçant, ville, pays, dates, montant en euros et dans la devise d’origine. Le taux de change appliqué est celui de VISA, souvent très compétitif, rivalisant dans la majorité des cas avec les taux interbancaires. Aucun frais supplémentaire selon que le paiement soit à distance, sans contact ou physique.

Virements et interface web

À ce jour, les virements instantanés SEPA ne sont pas proposés, ni à l’envoi ni à la réception. Curieux pour une banque récente, alors que le SEPA instantané existe déjà depuis deux ans. Autre contrainte : un délai de 24 h est imposé entre l’ajout d’un nouvel IBAN et la possibilité d’effectuer un premier virement. Ce délai, alors que le mobile a déjà été authentifié de façon forte, paraît superflu. Les limites par défaut sont de 50 € par virement et trois virements par jour, mais tout cela se paramètre facilement dans l’espace client. Un point positif : l’accès à une interface web complète, depuis un ordinateur, qui permet toutes les opérations sans passer par l’application. Les personnes malvoyantes y trouveront leur compte.

Constat

Après quelques jours d’utilisation, le bilan s’impose : beaucoup de bruit pour un service correct, sans plus. Le lancement a fait grand bruit, mais le produit n’atteint pas les standards des grandes banques, ni la modernité des meilleures fintechs. My French Bank navigue entre deux mondes, avec un discours jeune mais des codes qui trahissent une culture bancaire traditionnelle, un peu comme un parent qui tente tant bien que mal de parler la langue de ses enfants. Pour 2 € par mois, pas de frais cachés sur les paiements et retraits, et c’est bien là le principal atout. Si vous venez d’une banque classique, l’expérience ne déroutera pas. Côté réseaux sociaux, le Community Manager répond présent, à la manière de l’ambassadeur de l’offre Max, en rappelant systématiquement les avantages tarifaires. Le service client, joignable par chat ou téléphone, demande parfois de la patience : les équipes semblent avoir fort à faire. Petite astuce relevée : passer par l’application, rubrique « Contactez-nous et appelez », permet d’obtenir plus rapidement un conseiller. Les échanges téléphoniques sont professionnels et impliqués. La plage horaire jusqu’à 22h facilite les démarches pour tous.

Pour toute ouverture de compte avant le 31 décembre 2019, six mois sont offerts : une occasion de tester le service et de se faire son propre avis. La clôture est simple, grâce à la mobilité bancaire, sans formalité lourde. Pour notre part, sauf amélioration notable, nous ne poursuivrons pas l’aventure My French Bank. L’offre classique de La Banque Postale (VISA Realys, 29,50 €/an) donne accès aux guichets, à l’encaissement de chèques et aux livrets d’épargne. En la combinant à un service comme Max, les transactions en devises étrangères deviennent gratuites. Pour 5,50 € de plus par an, la formule La Banque Postale Max semble plus attractive. My French Bank trouvera sans doute son public, probablement plus âgé que la cible initiale. Les 18-29 ans, eux, continueront de préférer N26 ou Revolut, séduits par leur expérience client et leur approche du design.